
Le Dr James Noyes, fervent défenseur des vérifications de solvabilité pour les joueurs en ligne, a récemment rejoint d’autres voix pour demander à Lisa Nandy, secrétaire à la culture, de suspendre l’application de ces contrôles. Cette suspension serait en vigueur jusqu’à ce qu’une évaluation approfondie et un examen approprié soient réalisés pour analyser leur fonctionnement pratique.
La demande a été formulée dans une lettre ouverte adressée à Nandy, envoyée ce lundi. Elle reflète des inquiétudes similaires exprimées par des personnalités influentes de l’industrie des courses, qui craignent un impact disproportionné sur les parieurs. Un tel scénario pourrait engendrer un coût potentiel de plusieurs dizaines de millions de livres pour le secteur, si les joueurs choisissaient de ne pas transmettre d’informations financières aux opérateurs de jeux et se tournaient vers des options illégales.
Inquiétudes sur la mise en œuvre des contrôles
Noyes souligne dans sa lettre que, bien que l’idée des contrôles de solvabilité soit « valable en principe » depuis leur proposition initiale en 2020, leur mise en œuvre était conditionnée par la création d’un « médiateur des jeux » pour garantir un traitement adéquat des recours et des droits des consommateurs. Il insiste également sur le fait que ces contrôles devraient être non intrusifs, permettant de « prévenir des cas graves de préjudice tout en permettant à la majorité des joueurs de continuer à utiliser leur propre argent dans des activités légales, qui comportent des risques inhérents ».
Noyes, chercheur senior à la Social Market Foundation (SMF), avait plaidé pour l’introduction de ces contrôles dans ses rapports de 2020 et 2021. Plusieurs de ses recommandations ont été intégrées dans un livre blanc du gouvernement sur la réforme des jeux, publié en avril 2023.
Étude pilote de la Commission des jeux
La Commission des jeux a lancé en septembre 2024 une étude pilote, désignée comme « évaluations des risques financiers », visant à évaluer un système de contrôles à deux niveaux pour identifier les préjudices potentiels liés aux jeux. Elle a également cherché à déterminer si ces contrôles pouvaient être « sans friction », c’est-à-dire des vérifications ne nécessitant pas que les clients fournissent d’informations financières pour continuer à parier.

La Commission n’a pas encore publié de rapport final concernant ce projet pilote et n’a pas donné d’informations sur ses avancées depuis le printemps 2025. Plusieurs médias ont récemment rapporté que son conseil pourrait approuver l’introduction de ces contrôles lors d’une réunion prévue le mois prochain.
Appel à la transparence et à l’action
Dans sa lettre, Noyes exprime sa « grande inquiétude face au manque de transparence » entourant les contrôles et mentionne qu’il « lit de plus en plus de rapports indiquant que le projet pilote a impliqué des données incohérentes, des résultats ambigus et une friction inutile ». Il se déclare également « particulièrement alarmé par des informations selon lesquelles les contrôles pourraient se révéler trop contraignants pour les parieurs des courses de chevaux, au détriment de ce sport ».
Selon Noyes, le gouvernement a « le devoir d’écouter les avertissements de l'[Autorité britannique des courses de chevaux] et d’agir en conséquence pour protéger une part essentielle de la vie culturelle et sociale britannique ».
Noyes se positionne comme l’un des défenseurs les plus visibles de la réforme des jeux au Royaume-Uni. La force de son intervention est à la fois inattendue et opportune, alors que Nandy envisage d’intervenir pour freiner toute mise en œuvre imminente des contrôles.
Le dernier paragraphe de sa lettre conclut que « la situation actuelle des contrôles de risques financiers soulève des questions sérieuses qui doivent être abordées par le gouvernement avant toute avancée de cette politique. J’appelle donc le gouvernement à prêter attention aux alertes de la BHA et à suspendre ces contrôles jusqu’à ce qu’une évaluation et un examen adéquats aient été réalisés ».
Un porte-parole de la Commission des jeux a déclaré dans un communiqué lundi que le régulateur continue de travailler sur les évaluations des risques financiers. L’un des principaux objectifs est d’éliminer la friction pour les consommateurs.
Le communiqué a ajouté.
« Si ces contrôles sont introduits, les consommateurs n’auront pas besoin de fournir de documents pour que les vérifications soient effectuées. Comme pour toute mesure réglementaire, nous prendrons en compte les impacts potentiels pour les consommateurs et les entreprises avant de prendre une décision sur les évaluations des risques financiers, y compris comment elles fonctionneraient en pratique si elles étaient mises en œuvre. »