14.08.2026
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Jean-Michel Goncalves, passionné de football et figure des supporters nancéiens

Jean-Michel Goncalves, capo des ultras de Nancy et aveugle : « J'ai déjà levé les bras avant que la balle n'entre, car je sentais la pression monter »

« Souvent, les gens sont surpris de me voir dans un stade. Pourtant, c’est chez moi. » Jean-Michel Goncalves, qui a perdu la vue en 2008, n’a jamais envisagé de renoncer aux tribunes qu’il fréquente depuis plus de quarante ans. « J’y suis heureux, ça ne s’explique pas », confie cet homme de 51 ans. À l’âge de 7 ans, son père l’emmenait à Nancy et à Metz, et il déclare : « Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu une préférence pour Nancy. » Pendant son adolescence, il se laisse séduire par les déplacements : « J’aimais l’ambiance, chanter. Ces moments ont une saveur unique. »

Un parcours de supporter engagé

C’est lors d’un de ces déplacements qu’il tient pour la première fois un mégaphone. « À Wasquehal, nous étions dix. On m’a demandé de lancer le Aux armes ! », se souvient avec fierté le cofondateur du groupe de supporters ASNL F@N Connexion, créé en 2001. Devenu naturellement capo, il ne quitte plus le kop rouge et blanc et a réalisé quatre « grands chelems » entre 2006 et 2009, manquant le cinquième à cause de l’arrivée de son chien guide.

Jean-Michel Goncalves évoque également des soirées mémorables passées au pub le Connemara, qui ponctuaient ses voyages à Bordeaux. « J’espère que les jeunes vivront autant d’émotions que moi. Et j’en ressens encore ! »

Au stade Marcel-Picot de Nancy, au coeur de la tribune Schuth, le Mosellan continue de lancer des chants, d'encourager son équipe, que ce soit avec son mégaphone ou en frappant sur son tambour. (F. Faugère/)

Une connexion unique avec le stade

Depuis qu’il est aveugle, « Minus », comme il est surnommé, a noué un lien encore plus étroit avec le stade : « Il me fait ressentir les choses. J’aime quand ça va d’un côté et de l’autre. On sent la joie, la crispation, la frustration. Je reçois ces émotions », glisse Jean-Michel Goncalves.

« J'aime quand ça va d'un côté et de l'autre. On sent la joie, la crispation, la frustration. Je reçois ces émotions », glisse Jean-Michel Goncalves. (F. Faugère/)

Jean-Michel a entretenu cette connexion en visitant d’autres parcages. Avec les Dijonnais par exemple, il s’est rendu à Amiens, Ajaccio et Metz. « Ça permet de ressentir un autre état d’esprit, de s’ouvrir », souligne-t-il. De ses matches, le natif de Saint-Max, dans l’agglomération nancéienne, retient l’inclusivité de beaucoup d’ultras. « Ce que je regrette en revanche, c’est qu’un handicapé en fauteuil par exemple soit seulement dans un coin », ajoute-t-il.

« Un jour, on m'a même demandé combien le club me payait pour faire ce que je faisais », s'amuse le cofondateur du groupe de supporters ASNL F@N Connexion. (F. Faugère/)

Plus largement, il s’est mobilisé pour tous les fans nancéiens, obtenant notamment la réduction des coûts de déplacements. Cette figure du club lorrain n’a gardé aucun ticket. Pas même celui du sacre en Coupe de la Ligue.