14.08.2026
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Le retrait du titre de l’Afcon 2025 au Sénégal suscite des réactions en Afrique

Decision to strip Senegal of Afcon title has left me gobsmacked – and others in Africa furious

Au cours de plus de trois décennies d’engagement dans le monde du football africain, j’ai ressenti une large gamme d’émotions. Celles-ci vont de l’enthousiasme lors des moments marquants de la Coupe d’Afrique des Nations (Afcon) à la frustration engendrée par les erreurs de ses dirigeants, ainsi qu’à la déception face à leur incapacité à assumer leurs décisions.

La décision du comité d’appel de la Confédération africaine de football (Caf), annoncée mardi, qui consiste à retirer le titre de l’Afcon 2025 au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, m’a profondément surpris. Un ancien membre de ce même comité a également exprimé son étonnement en déclarant.

« En tant que personne ayant siégé au comité d’appel pendant six ans, je sais qu’il n’a pas le pouvoir de modifier la décision d’un arbitre sur le terrain. Je ne comprends pas comment ils ont pu parvenir à cette décision honteuse. »

Cette situation a également provoqué l’indignation des membres du comité exécutif de la Caf, qui rappellent que le point 5.2 des lois du jeu indique clairement que « les décisions d’un arbitre concernant les faits liés au jeu, y compris celle de savoir si un but a été marqué ou non et le résultat du match, sont finales ».

« C’est une grande blague, » a ajouté Samir Sobha, membre du comité exécutif de la Caf originaire de Maurice, mercredi. « Nous ne pouvons pas corriger une erreur en en commettant une autre… Une injustice ne peut pas être rectifiée par une autre, que ce soit d’un point de vue sportif ou éthique. »

Décisions controversées de la Caf

Ce n’est pas la première fois que la Caf prend une décision controversée. En mai 2019, lors du match retour de la finale de la Ligue des champions de la Caf entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, l’arbitre gambien Bakary Gassama a déclaré l’Espérance vainqueur alors que les joueurs du Wydad avaient quitté le terrain après l’annulation d’un but de Walid El Karti en seconde période.

Après un temps d’arrêt de plus d’une heure et le refus de l’équipe marocaine de reprendre le jeu, Gassama a mis fin à la rencontre, attribuant la victoire par 3-0 à l’équipe tunisienne, marquant ainsi le premier abandon de la finale de la Ligue des champions de la Caf dans l’histoire de cette compétition.

Bien que la décision de Gassama ait respecté les règles du tournoi de la Ligue des champions de la Caf ainsi que les lois du jeu, le comité exécutif de la Caf s’est réuni à Paris en juin pour annuler le verdict de Gassama, ordonnant la reprise du match abandonné.

Ce n’est qu’après l’intervention du tribunal arbitral du sport (Tas) que la Caf a finalement respecté la décision de l’arbitre ainsi que les procédures judiciaires subséquentes, confirmant l’Espérance comme vainqueur.

Une gouvernance en crise

Étonnamment, neuf ans plus tard, la Caf semble replonger dans une gestion problématique. L’organe d’appel, dirigé par Roli Harriman, un juge de la haute cour nigériane, a rendu une décision qui tourne en dérision les lois du jeu. Cette décision est probablement destinée à être inversée par le Tas afin de préserver le principe fondamental du football : le fait que la décision d’un arbitre, qu’elle soit juste ou erronée, est finale, sauf pour l’arbitre assistant vidéo.

Il est indéniable que Jean-Jacques Ndala Ngambo a vécu un véritable cauchemar lors de la finale de l’Afcon. Son arbitrage a suscité de vives critiques : il a refusé un penalty que le Sénégal aurait dû obtenir et n’a pas déclaré le match abandonné en faveur du Maroc lorsque les joueurs ouest-africains ont quitté le terrain pendant plus d’un quart d’heure pour protester contre un penalty accordé contre eux. Cependant, une fois que Ngambo a décidé de reprendre le jeu, le résultat devait être déterminé sur le terrain, et non devant les tribunaux du sport.

Un enjeu pour la présidence de Motsepe

La manière dont cette affaire se conclura aura sans aucun doute des conséquences majeures pour le mandat de cinq ans de Patrice Motsepe. Étant donné l’ambiance au sein de la communauté du football africain, encore sous le choc du report inacceptable et inexplicable de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, qu’il avait promis de tenir à temps au Maroc, le milliardaire sud-africain se trouve dans une position extrêmement délicate en termes de crédibilité et d’héritage.