
Il semblait inévitable que la saison d’Arsenal se résume à Gabriel Magalhães et un coup de pied arrêté. Mais pas de cette manière, idéalement.
Le football aime le drame et l’ironie. Bien qu’Arsenal ait perdu cette finale de la Ligue des champions aux tirs au but face au Paris Saint-Germain après trois heures de tensions et de rebondissements dans l’arène Puskas, le match a été une démonstration de football intense et captivante.
Après une demi-heure de jeu, l’atmosphère était telle qu’il était impossible de se souvenir d’un moment sans ce match, le Puskas Arena devenant l’univers même, un moment humide et vibrant, des formes rouge, blanche et bleue se mêlant dans une cacophonie de bruits.
Alors que le match se dirigeait vers les tirs au but à 1-1, la soirée semblait être une succession de moments vivants. David Raya, par exemple, était assailli par le staff d’Arsenal, recevant des coups sur les cuisses et des informations de deux hommes accroupis, un autre lui versant des liquides frais dans la bouche.
Dans les tribunes, un supporter d’Arsenal sautait sans relâche, les bras dégarnis battant l’air, incarnant le roi des escaliers, complètement absorbé par le moment. Sur le terrain, Mikel Arteta, vêtu d’un polo soyeux et de pantalons gris foncé, était là, concentré, comme un joueur de fléchettes particulièrement affûté.
Arteta était déjà à sa sixième danse autour de son équipe, se penchant et criant chaque mot. Il parle souvent de souffrance. Au cours de ces trois heures, l’entraîneur d’Arsenal a dû faire 20 000 sauts et 650 sprints, sans jamais relâcher son intensité. Comment va-t-il réussir à dormir après ça ?
Le PSG conserve son titre
Le PSG a conservé son titre, réalisant un doublé tant attendu. Cette équipe mérite amplement son statut de champion. Surtout à l’issue d’un match où Arsenal a démontré que quiconque souhaitant remporter le titre devait être capable de les battre, chaque astuce et moment de grâce étant arrachés à quelque chose de dur et authentique.
Au final, cela rappelle que certaines choses sont longues, difficiles et nuancées, et que la forme d’entertainment la plus populaire au monde reste, à son meilleur, une saga, réticente dans ses récompenses, malgré ce que l’on peut entendre sur le contenu instantané et les prétendues capacités d’attention des jeunes.

Performance de Lewis-Skelly et de l’équipe
Pour les supporters d’Arsenal, la performance d’une jeune équipe avec cinq joueurs anglais sera source de satisfaction ; Arteta a réussi à affirmer son plan tactique à ce niveau si élevé ; et plus particulièrement, la prestation de Myles Lewis-Skelly, qui a été chargé du rôle le plus difficile du football, défendant face à Vitinha lors d’une finale de Ligue des champions, et il a été sensationnel.
L’arène Puskas, immense et métallique, est en pente raide de tous côtés, son toit en treillis blanc se penchant au-dessus du terrain. Budapest était moite toute la journée, avec une chaleur estivale stagnant au cœur de l’Europe. Le bruit au coup d’envoi reflétait la culture des supporters de ces deux clubs. Le son parisien est dominé par des ultras battant le rythme, chantant sans relâche, tandis que la moitié d’Arsenal du stade était plus réactive, comme une conversation familière entre spectateurs.
Les Killers ont interprété un rapide medley de leurs morceaux, sans que personne ne se demande pourquoi, et c’était très bien. Dès le début, quelques choix intrigants de la part d’Arteta ont été notés.
Le poste d’arrière droit a été confié à Cristhian Mosquera, qui n’est pas un arrière droit, semblant trop rigide et longiligne pour jouer ce rôle. Pourtant, il a bien joué pendant son temps sur le terrain.
Ensuite, il y avait Lewis-Skelly, qui a complété une incroyable arc de rédemption, passant de joueur fantôme à adversaire des meilleurs milieux de terrain d’Europe. Il a joué 90 minutes, se montrant intrépide à chaque instant. Pas seulement sur des chiffres bruts, mais dans son énergie, son intelligence de jeu, et sa capacité à combler chaque espace tout en offrant toujours une option. Il a eu quelques moments remarquables, dont une percée au milieu en première mi-temps, suivie d’une course impressionnante pour déposséder Désiré Doué à la 78e minute. Lewis-Skelly et Declan Rice auraient formé un excellent duo comme pivots au milieu de terrain pour l’équipe d’Angleterre lors de la Coupe du Monde.

Un match palpitant et ses moments clés
Arsenal a ouvert le score avec la première véritable action de jeu. Le but a été orchestré par une passe décisive de Leandro Trossard, le ballon dévié vers Kai Havertz, qui, tout à coup, se retrouve seul, s’avançant vers le but et marquant brillamment dans la lucarne. Matvey Safonov, souvent comparé à un homme perdu dans un pub, a réalisé une bonne performance, bien qu’Arsenal regrette qu’il n’ait pas eu à toucher à leurs tirs au but. Il a cependant facilité la tâche à Havertz, se baissant et lui disant en gros, vas-y, mets-le là-haut.
Pour le premier quart du match, le plan d’Arsenal a bien fonctionné. Ils ont cédé le ballon, tout en déjouant les attaques de PSG. Sur la ligne de touche, Luis Enrique avait l’air d’un marathonien dans le désert, les yeux écarquillés, son t-shirt trempé de sueur. Les interventions défensives d’Arsenal étaient parfaitement chronométrées, toujours calmes et maîtrisées. La Premier League se distingue par son focus et son intensité extrêmes à chaque instant. Il était fascinant de voir le PSG devoir répondre à ce niveau, après une saison dans une ligue domestique qui s’est transformée en championnat de comté. Doué et Kvaratskhelia allaient frémir à leur retour, attendant que William Saliba surgisse des buissons, se demandant si Lewis-Skelly serait déjà là, attendant sur le canapé.
À la 61e minute, Paris a enfin trouvé son moment, Mosquera commettant une faute dans la surface sur Kvaratskhelia. Ousmane Dembélé a transformé le tir au but en le plaçant au coin. Arsenal aurait pu plier, mais ils ne l’ont pas fait. Le PSG a continué à attaquer, trouvant un rythme plus déterminé.
Nous sommes donc allés aux tirs au but. Un mot sur Gabriel et son tir manqué. Il a dû attendre que l’arbitre s’adresse au tireur et au gardien. Ce fut un moment de hasard, le match prenant un tournant inattendu à la toute fin.
Gabriel avait joué de manière remarquable. Son tir a été envoyé dans les tribunes. Les feux d’artifice ont éclaté. Les joueurs d’Arsenal n’ont pas craqué, mais ont lentement parcouru le terrain, applaudissant les supporters et savourant un moment qu’ils aspirent à revivre.
Une saison et une équipe championne que certains ont eu du mal à apprécier, voire à regarder à la télévision, ont offert ici une conclusion intensément captivante et de qualité. Le jeu peut être cruel et exigeant, mais la leçon de Budapest reste que c’est indéniablement bon.