05.08.2026
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Lorient grimpe au classement de la Ligue 1 mais perd son entraîneur

Lorient are climbing the Ligue 1 table but losing their manager is a risk

« Pourquoi ne pourrions-nous pas battre tout le monde ? »

s’est interrogé le propriétaire de Lorient, Bill Foley, plus tôt ce mois-ci. Ce n’est pas le genre de discours combatif auquel on s’attend d’une équipe nouvellement promue, mais étant donné qu’ils ont déjà battu Lens, Lyon, Monaco, Rennes, et maintenant Marseille à domicile, cela se justifie.

Une victoire marquante contre Marseille

Lorient a dominé Marseille lors de leur victoire 2-0 samedi, suscitant des « olés » de la part du public alors qu’ils faisaient circuler le ballon. Les supporters du Stade du Moustoir sont habitués à être gâtés. Lorient n’a perdu que deux fois à domicile au cours des deux dernières saisons. Même le Paris Saint-Germain n’a pas réussi à prendre tous les points lors de sa visite plus tôt dans la saison. Après le match, le directeur sportif de Marseille, Medhi Benatia, a lancé une tirade, dénonçant les performances de ses joueurs comme un « scandale », mais il aurait dû montrer plus de respect envers des adversaires qui ont défié les pronostics cette saison.

Des ambitions élevées pour la saison

Cette saison était censée être spéciale pour Lorient, mais peu s’attendaient à ce qu’ils soient plus proches des places de Ligue des champions que de la zone de relégation avec quatre matchs à jouer. Ils regardent vers le haut plutôt que vers le bas en cette année de centenaire.

Loïc Fery, qui était l’actionnaire majoritaire du club jusqu’en janvier, a vendu ses parts à Black Knight Football Club (BKFC), qui possède également Bournemouth en Premier League ainsi qu’Auckland FC en Nouvelle-Zélande et le club portugais Moreirense. Avant de devenir l’unique actionnaire de Lorient, BKFC détenait déjà 40 % du club. C’est cet investissement qui a permis aux Cherries de signer Eli Junior Kroupi, qui excelle lors de sa première saison en Premier League.

Les ambitions de Foley et les défis à venir

Foley est arrivé avec de grandes ambitions, affirmant que cette prise de contrôle rendrait le club « plus agressif » dans la poursuite de ses objectifs. « L’objectif a toujours été le football européen, » a-t-il déclaré. « Je ne sais pas si cela sera la Ligue des champions. C’est un objectif très ambitieux, mais je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas être en Ligue Europa ou en Ligue Europa Conférence. Je ne suis pas satisfait de jouer un rôle de soutien. Mes aspirations sont élevées. Nous jouerons en Europe et nous ferons les investissements nécessaires pour faire de Lorient un acteur sérieux en Ligue 1. »

Les paroles sont bon marché. Lorsque Ineos a acheté Nice en 2019, Jim Ratcliffe a déclaré que le club défierait bientôt le PSG. Ils ne s’en sont pas approchés et sont en grave danger de relégation cette saison. C’est une histoire d’avertissement pour Lorient.

C’est pourquoi Féry, qui reste président du club, et le directeur sportif Laurent Koscielny parlent sans cesse de « durabilité » ; Féry a ajouté que l’évolution de BKFC en devenant le seul propriétaire du club en serait le garant. La décision de Féry de vendre sa part à Foley et à BKFC n’a pas été unanimement populaire auprès des supporters de Lorient. Une petite banderole « Foley out » est accrochée dans les tribunes. Dans un pays aussi culturellement divers que la France, les identités régionales s’entrelacent avec leurs clubs, provoquant des frictions lorsqu’elles sont englobées dans un modèle de multi-clubs. Strasbourg en est un exemple.

Foley fait de son mieux pour rassurer ceux qui sont sceptiques. « Nous ne sommes pas des Américains horribles qui veulent tout détruire, » dit-il. « Lorient n’est pas un club satellite de Bournemouth. Je n’aime pas cette expression. Ce n’est pas ma vision. Dans mon esprit, ils sont égaux. Lorient existe par lui-même. » Foley ne veut pas « détruire tout », mais des changements sont à prévoir cet été. Olivier Pantaloni, qui a quitté Ajaccio en 2024 après une décennie au club, a ramené Lorient en Ligue 1 du premier coup et est l’architecte de l’ascension récente du club.

Malgré son statut de pilier du football français, il a su s’adapter aux temps modernes. Lorient, très conservateur sans le ballon, se montre innovant lorsqu’il l’a, avec ses défenseurs centraux souvent positionnés sur la dernière ligne de la défense adverse. Les adversaires ont du mal à perturber la construction de Lorient. Leur bilan, avec seulement trois défaites lors de leurs 23 derniers matchs toutes compétitions confondues, en témoigne. Quelques joueurs se sont démarqués – notamment Pablo Pagis, Arsene Kouassi et Bamba Dieng – mais aucun n’est aussi central au succès que l’entraîneur.

On pourrait penser que Lorient serait désespéré de garder Pantaloni, mais il n’a pas ressenti ce désir ardent de la part du club. « J’ai signé dans des conditions qui montraient clairement qu’il y avait de nombreux doutes à mon sujet – je ressens toujours cette méfiance, et c’est pourquoi je refuse de travailler dans ces conditions, » a-t-il déclaré plus tôt ce mois-ci, confirmant qu’il partirait à la fin de la saison. Will Still, l’ancien entraîneur de Southampton, Lens et Reims, a été cité comme un remplaçant potentiel.

Olivier Pantaloni will leave Lorient at the end of the season.

Il pourrait également y avoir des changements au sein de la hiérarchie du club cet été. Si Lorient conserve sa neuvième place en Ligue 1, ce sera leur meilleur classement depuis plus d’une décennie. Foley présente également un avenir prometteur. Malgré la situation financière désolante du football français, il parle de Lorient comme d’un acheteur plutôt que d’un vendeur et souhaite que le club devienne l’école de formation pour les talents bretons.

C’est un tableau idyllique, que Pantaloni a contribué à peindre. Le laisser partir semble être une erreur, mais Lorient se sent renforcé après son succès récent. Le temps dira si faire confiance à la durabilité du nouveau projet plutôt qu’à l’entraîneur corse est le bon choix.