
Ce match doit servir de leçon à ceux qui considèrent l’Espagne comme des outsiders. Ils ont dominé les débats, reléguant la France à un rôle passif, et il est désormais certain que personne ne commettra deux fois la même erreur. L’Espagne sera favorite pour remporter la finale de dimanche, qu’elle affronte à nouveau l’Angleterre ou qu’elle rencontre Lionel Messi et Lamine Yamal, et ceux qui souhaitent parier contre l’équipe de Luis de la Fuente devront avoir de très bonnes raisons.
Une domination espagnole
La France n’a jamais réussi à trouver ces raisons. Kylian Mbappé a tenté une dernière fois en temps additionnel, tirant au-dessus, et son expression désemparée en levant les yeux vers l’horloge en disait long. Il savait que le match était perdu, mais en réalité, cela avait été évident depuis le milieu de la première mi-temps. L’Espagne a étouffé la France tout en jouant mieux, choisissant ses moments pour percer et ajoutant un but superbement construit par le dynamique Pedro Porro.
Le contrôle du jeu
Ce fut finalement un triomphe de la fonction sur la forme. Cela ne diminue en rien la magie qui émane des pieds de Lamine Yamal ou l’inventivité pétillante de Dani Olmo, qui était à l’origine de la plupart des meilleures actions offensives espagnoles. L’important est que leur collectif a submergé le talent individuel de la France, dont le secteur offensif, qui avait brillé plus tôt dans le tournoi, a été réduit à des éléments défaillants par une machine parfaitement huilée.
L’Espagne savait qu’elle devait imposer son contrôle et priver la France d’oxygène lors des transitions. Ils étaient prêts à laisser passer de longues périodes sans incidents, faisant circuler le ballon entre leurs milieux de terrain toujours disponibles et interrompant le jeu par tous les moyens s’ils étaient pris en défaut. Il leur était favorable que la France ait fait preuve d’une intensité déroutante et ils ont également bénéficié d’un coup de pouce pour leur ouverture du score.

Un penalty décisif
La première mi-temps a été marquée par un respect mutuel jusqu’à ce que Lucas Digne, chargé de défendre un centre de Marc Cucurella venant de la gauche, envoie le ballon dans les airs en tentant de dégager. Il était inconscient de l’approche de Lamine Yamal, qui l’a devancé et a été mis au sol. Iván Barton, l’arbitre, n’a pas eu besoin de réfléchir longtemps avant d’accorder un penalty, mais il restait la question de savoir si l’arbitre vidéo interviendrait. Lamine Yamal, se lançant dans les airs, avait utilisé son bras supérieur pour faire contact mais a été jugé avoir touché légalement au-dessus de la ligne de la manchette.
De tels débats n’intéressaient pas Mikel Oyarzabal, qui a transformé le penalty sans problème. À partir de là, l’Espagne a produit une leçon de football. La France n’a pas créé d’occasion avant la pause, à moins d’être généreux en notant qu’Unai Simón a jailli de sa surface pour dégager devant Mbappé.
Finalement, Didier Deschamps, à deux victoires de la grandeur incontestée après avoir conduit une autre équipe jusqu’aux phases finales, a fait des choix déterminants erronés. Il a rappelé Aurélien Tchouaméni, de retour de blessure, mais le milieu de terrain n’a pas réussi à s’organiser. Bradley Barcola a été préféré à gauche à Désiré Doué mais n’a montré aucune maîtrise lors des rares occasions où il a progressé.

Des blessures et des choix tactiques
Il a été particulièrement difficile que William Saliba ait quitté le terrain sur blessure peu après le penalty d’Oyarzabal. De plus, Adrien Rabiot, averti tôt pour une faute sur Olmo, était une carte jaune ambulante depuis ce moment-là et a été remplacé à la mi-temps. L’entrée de Manu Koné n’a fait que modeste différence ; la France était en infériorité numérique au milieu, tout approvisionnement à Michael Olise était étouffé et le meneur de jeu contraint de chercher de l’influence dans des zones inconfortables. À la fin, Olise, qui avait été une star pendant la majeure partie de l’été, regardait depuis la touche alors que Rayan Cherki se voyait confier la tâche de réaliser un miracle.

Une victoire sans appel
Rien ne s’est concrétisé lors des rares occasions où la France a pu créer une menace soutenue, Ousmane Dembélé ayant vécu une après-midi particulièrement décevante, résumée par une passe mal maîtrisée pour un Jules Koundé qui débordait. En revanche, l’Espagne a su allier prudence et précision. Ajoutez une petite touche de flair et vous avez la recette de leur second but, réussi lorsque Olmo, en chute, parvient à renvoyer la passe de Porro dans son axe. Un gouffre s’était ouvert sur le flanc gauche de la France, la pression sur ces maillots blancs était inexistante. Porro a plongé dedans et n’a laissé aucune chance à Mike Maignan.
Le résultat était sans appel. Un appel marginal pour hors-jeu a privé Lamine Yamal, très impliqué mais pas tout à fait central dans le jeu, d’un troisième but. Le remplaçant Ferran Torres a raté de peu un tir de la tête et le manque de conviction des Français, qui semblaient être une équipe ne comprenant pas son destin, était palpable dans les tribunes. Mbappé s’est réveillé avec un tir en angle que Simón a détourné, peu après avoir vu Cucurella dévier un tir au large, mais la France n’a jamais eu l’occasion de sérieusement menacer.
Sous le nouveau sélectionneur de Deschamps, ils devront rechercher une identité à long terme, mélangeant discipline et diligence avec audace, que l’Espagne a imposée ici de manière dévastatrice. Mbappé, dont l’ardeur à effacer l’échec de 2022 était manifeste au cours du mois écoulé, devra patienter encore quatre ans.
En attendant, l’Espagne, débordante d’assurance et de conviction, sera difficile à arrêter.