
Le Masters 1.000 de Canada, bien qu’appartenant à l’élite de l’ATP, connaît une dévalorisation croissante. Plusieurs stars du circuit choisissent de l’ignorer, tandis que celles qui y participent peinent à briller et sont rapidement éliminées. Cette année, le tournoi de Montréal a dû faire face à l’absence de Carlos Alcaraz, Jannik Sinner et Novak Djokovic, trois figures majeures du tennis, et la situation ne s’est pas améliorée en leur absence. Après les cinq premiers jours de compétition, seul Ben Shelton, membre du top 10, demeure en lice dans la province de Québec, où les grands noms sont absents.
Les derniers à avoir rejoint le lot des victimes furent le premier tête de série, Alexander Zverev, éliminé à son premier match par Tallon Griekspoor (6-7 (3), 6-2, 6-4 en 2h33), et l’idole locale Félix Auger-Aliassime, deuxième tête de série, qui a dû renoncer à cause de problèmes physiques. D’autres joueurs notables ont également chuté dès leur entrée en lice, comme Daniil Medvedev, sixième mondial, battu par Botic Van de Zandschulp ; Taylor Fritz, huitième, défait par Thiago Agustín Tirante ; et Flavio Cobolli, neuvième, vaincu par Yannick Hanfmann, tous lors de la deuxième ronde. En troisième ronde, Alex de Miñaur, troisième favori, a perdu ce jeudi contre Cameron Norrie (5-7, 7-6 (5), 6-1). Sans Sinner, Alcaraz et Djokovic, seul Shelton, qui défend son titre de l’année dernière, a encore des chances d’atteindre les huitièmes de finale.
Une tendance inquiétante
Ce phénomène ne se limite pas à cette année, mais devient une tendance inquiétante qui persiste depuis plusieurs saisons. La proximité de Wimbledon, combinée à la nécessité de changer de surface, pousse de nombreux joueurs à ignorer cet événement, préférant prolonger leurs vacances et leurs entraînements. Beaucoup perçoivent le Masters 1.000 de Cincinnati, prévu juste après (du 13 au 23 août cette année), comme le tournoi clé pour préparer l’US Open (du 30 août au 13 septembre), reléguant ainsi celui de Canada au second plan. De surcroît, les joueurs qui participent au tournoi canadien doivent s’éloigner de chez eux pendant presque un mois et demi, juste avant la tournée asiatique. Même cette année, avec trois semaines entre Wimbledon et Montréal, il a été difficile de convaincre les meilleurs.
Des absences notables
L’année précédente, à Toronto, où Shelton a remporté son premier et unique Masters 1.000, Alcaraz, Sinner et Djokovic n’étaient pas présents non plus. Bien que le joueur espagnol soit en phase de réhabilitation après une blessure au poignet droit, le Serbe et l’Italien (également touché au genou) ont choisi d’ignorer Montréal. En 2024, Alcaraz et Djokovic n’étaient toujours pas présents à Québec, alors que Sinner y était, mais avec une surprise à la clé : Alexei Popyrin a remporté le titre. La dernière apparition d’Alcaraz à Montréal remonte à 2023, où il avait battu Sinner, qui n’avait pas encore atteint son plein potentiel. Avec tant d’absences et de surprises, cet événement devient ces derniers temps le terrain propice aux champions inattendus, comme l’a prouvé Pablo Carreño en 2022.
Les inquiétudes des organisateurs
Les organisateurs canadiens sont conscients que leur tournoi perd de son attrait sans les grands joueurs. L’année dernière, Karl Hale, directeur du Masters 1.000, a discuté de cette question dans le podcast Nothing Major.
“Avec Alcaraz et Sinner, ce n’était pas comme nous l’espérions. Je pense que les deux doivent réfléchir à notre circuit et s’engager envers ces grands tournois. Nous sommes en pourparlers pour qu’ils participent à notre événement à l’avenir,”
a déclaré Hale, bien que cette année encore, il n’ait pu compter sur leur présence (il est vrai que l’Espagnol est blessé).
“Pour l’année prochaine (2026), il y aura trois semaines entre Wimbledon et Montréal ; cette année, il n’y en avait que deux. Nous avons parlé avec eux lorsqu’ils se sont retirés, et je leur ai dit : ‘D’accord, assurez-vous d’être là en 2026.’ Je suis donc très confiant qu’ils seront là l’année prochaine,”
a ajouté le directeur, visiblement préoccupé par la dévalorisation que subit chaque année le tournoi canadien.