
Depuis plusieurs mois, Joseph Oughourlian, président du RC Lens, se positionne comme l’un des principaux critiques de la Ligue de football professionnel (LFP) ainsi que de son président, Vincent Labrune. Généralement, ses attaques restent sans réponse, mais cette fois, Labrune a décidé de réagir. « Je respecte Joseph Oughourlian et son engagement pour le RC Lens, mais je ne peux pas le laisser installer l’idée que les difficultés du football français seraient le résultat des seules décisions de la Ligue et de son conseil d’administration », a déclaré Labrune. Il a également précisé que « la Ligue n’est pas une institution hors sol. La Ligue, ce sont les clubs. Les grandes décisions sont discutées pendant des heures, débattues, puis votées par les représentants des clubs professionnels. Beaucoup des décisions qu’il critique aujourd’hui ont été prises à une très large majorité, souvent avec lui d’ailleurs, et parfois même à l’unanimité. »
Labrune a également réfuté l’idée qu’il prenne des décisions seul au sein de la LFP. « On ne peut pas, à chaque fois qu’une décision devient difficile ou impopulaire, réécrire l’histoire en expliquant qu’elle aurait été imposée par quelques dirigeants », a-t-il lancé. « Ce n’est tout simplement pas la réalité du fonctionnement de nos instances. »
Il a ensuite exprimé son regret face à ce qu’il considère comme de la mauvaise foi de la part d’Oughourlian. « Joseph Oughourlian semble considérer que tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont soit incompétents, soit aveugles. Concernant la réforme qu’il défend (sur la gouvernance du football), 22 clubs professionnels ont publiquement exprimé leur opposition au texte issu du Sénat. Ce n’est pas la position de la Ligue, c’est celle d’une très large majorité des clubs. Là encore, on peut être en désaccord. Mais on ne peut pas prétendre parler au nom du football français quand une majorité écrasante de ses acteurs dit exactement l’inverse. »
Poursuivant sur sa lancée, Labrune a ajouté.
« Quand tout est toujours la faute des autres, il devient difficile de distinguer la critique constructive de la posture. On peut contester une stratégie, on peut proposer des alternatives. C’est le débat démocratique. Mais on ne peut pas faire croire aux supporters, aux investisseurs et aux acteurs du football que la Ligue déciderait seule de tout. C’est faux. La vérité est plus simple. Les décisions du football français sont des décisions collectives. Les succès appartiennent à tout le monde. Les difficultés aussi. Ceux qui veulent gouverner doivent accepter cette réalité. Ceux qui préfèrent commenter peuvent toujours expliquer après coup qu’ils auraient fait mieux. »