
Quelle est la situation ?
La récente décision de la Confédération de football d’Océanie (OFC) de publier un communiqué, tardif mais louant les « progrès réalisés au cours de la dernière décennie », indique que toutes les six confédérations continentales ont enfin partagé leur position sur les implications du plan de vente de la Coupe du Monde, un sujet qui divise le monde du football. Actuellement, les votes semblent équilibrés, avec trois voix pour et contre concernant la question essentielle de la présidence de Gianni Infantino à la FIFA.
Cependant, il est important de noter que les associations membres ne suivront pas nécessairement la ligne de leurs confédérations régionales. Cela a été rapidement démontré par New Zealand Football (NZF), qui a contredit la position de l’OFC en retirant son soutien à Infantino et en appelant à un examen indépendant du plan de vente.
Le NZF, étant la plus grande fédération de l’OFC, a auparavant bénéficié du soutien d’Infantino en tant que co-hôte de la Coupe du Monde féminine 2023 avec l’Australie. Cela montre comment certains anciens alliés commencent à se retourner contre le président, dans un contexte sans précédent pour le football mondial.
Qui soutient Infantino ?
Bien que l’OFC n’ait pas exprimé de soutien clair pour la réélection d’Infantino, d’autres confédérations se sont montrées plus favorables. La Confédération africaine de football (CAF) et la confédération sud-américaine (Conmebol) ont affirmé vouloir qu’il demeure en poste pour un troisième mandat complet.
Infantino a également reçu des marques de soutien public de la part d’associations membres de la FIFA, y compris certaines liées aux confédérations qui souhaitent son départ, comme le Mexique dans la CONCACAF ainsi que le Qatar et les Émirats arabes unis dans la Confédération asiatique de football.
Il convient également de noter que les hôtes de la Coupe du Monde 2034, l’Arabie Saoudite, n’ont pas encore exprimé leur position. La Fédération saoudienne de football est actuellement sans président, les élections étant prévues ce mois-ci. Leur prise de position pourrait être décisive pour déterminer combien de pays asiatiques suivront l’exemple de l’AFC.
Qui s’y oppose ?
L’UEFA a été l’une des voix les plus critiques et les opposants les plus bruyants, menaçant même de boycotter les tournois de la FIFA si Infantino ne retire pas sa candidature. La grande majorité de leurs 55 membres se sont unis derrière cette position. En revanche, la situation en Asie est moins claire, et il est difficile de savoir combien des 47 membres soutiennent la direction de l’AFC.
Les 41 membres de la CONCACAF semblent plus unis, bien que l’Association de football de Grenade ait rejoint le Mexique vendredi pour exprimer son soutien à Infantino.
Le Mexique représente un cas particulier, car il a clairement signifié son souhait de quitter la confédération pour intégrer la Conmebol, afin de participer à des matchs plus lucratifs contre le Brésil et l’Argentine. Cependant, des figures importantes de l’UEFA sont également persuadées que des pays africains individuels pourraient être convaincus de rejoindre les opposants.
Que se passe-t-il ensuite ?
Après trois semaines d’activités frénétiques, la guerre civile au sein du football a évolué vers un statu quo. Il est peu probable qu’une résolution définitive soit atteinte avant l’élection présidentielle de la FIFA lors du congrès de Rabat en mars prochain.
Avec des alliés solides en Afrique et en Amérique du Sud, ainsi que le soutien public du président américain Donald Trump, il semble peu probable qu’Infantino démissionne ou retire sa candidature à la réélection. Une campagne âprement disputée de sept mois s’annonce donc.

Le point de tension immédiat est la Coupe du Monde féminine des moins de 20 ans qui se déroulera en Pologne le mois prochain. Les pays européens ont menacé de boycotter cet événement, bien qu’il reste incertain si des équipes se retireront effectivement. Malgré la tension ambiante, il est probable que l’UEFA et la FIFA parviennent à une trêve publique dans les semaines à venir, permettant ainsi à la compétition de se dérouler.
Au-delà de cela, la prochaine échéance est fixée au 18 novembre, date à laquelle les candidats à la présidence de la FIFA devront faire connaître leur position. Cela laisse à l’alliance dirigée par l’UEFA un peu plus de trois mois pour identifier et s’unir derrière une alternative à Infantino.
Le président de la CONCACAF, Victor Montagliani, est considéré comme le challenger le plus probable, mais il ne se présentera que s’il est convaincu de pouvoir l’emporter.
Avec un électorat de 211 membres de la FIFA, les rebelles ne sont pas certains d’être suffisamment proches d’obtenir les 106 votes nécessaires pour évincer Infantino.