
Si quelqu’un avait avancé au début de l’Open de Chine 2026 que les demi-finales mettraient en scène Noppon Saengkham, Zhou Yuelong, Mark Selby et Stuart Bingham — sans la présence d’O’Sullivan, Higgins, Robertson, Wilson ou Xintong — il aurait été moqué. Pourtant, la situation actuelle est bien réelle. Ce tournoi exceptionnel a bousculé tous les pronostics, défié toutes les attentes et a abouti à l’une des phases de demi-finale les plus ouvertes et inattendues de l’histoire récente des compétitions de classement.
Les demi-finales se dérouleront le 15 août, suivies d’une finale le 16 août. Voyons cela plus en détail.
Récapitulatif des quarts de finale : Comment nous en sommes arrivés là
Les quarts de finale ont poursuivi le thème incessant de surprise et de drame caractéristique de ce tournoi. Voici un aperçu des résultats :
| Quart de finale | Vainqueur | Verdict |
|---|---|---|
| Saengkham N. vs adversaire | Saengkham | La marche de ce tueur de géants se poursuit |
| Zhou Yu. vs adversaire | Zhou Yuelong | Le dernier espoir de la Chine avance |
| Selby M. vs Wilson K. | Selby | A remporté la bataille entre champions du monde |
| Bingham S. vs Wafaei Y. | Bingham | A maintenu sa forme dominante après avoir battu Higgins |
- Selby a triomphé de Wilson dans ce qui constituait le quart de finale phare — un affrontement entre deux champions du monde qui a répondu à toutes les attentes. La maîtrise tactique du triple champion du monde a été trop forte pour Wilson, qui était déjà épuisé après son intense parcours en cadre décisif face à Aaron Hill. Selby a fait preuve d’une précision clinique au moment crucial, comme il sait si bien le faire.
- Bingham a éliminé Wafaei, prolongeant sa superbe forme dans le tournoi. Après une victoire écrasante sur Higgins, le champion du monde 2015 a su maintenir son intensité et a continué à jouer à un niveau qui rappelle ses plus belles heures au Crucible. Wafaei, manquant de pratique après son abandon, n’a pas pu retrouver le rythme compétitif.
- Saengkham — l’homme qui a battu O’Sullivan — a poursuivi son parcours exceptionnel. La constance et le sang-froid du joueur thaïlandais ne peuvent plus être considérés comme un exploit isolé. C’est un joueur en mission.
- Zhou Yuelong a progressé en tant que dernier joueur chinois encore en lice, portant le poids des espoirs d’une nation entière sur ses épaules. Sa montée dans le tableau a été impressionnante, et le public local le soutiendra de toutes ses forces.
Demi-finale 1 : N. Saengkham vs Zhou Yu. | 15 août
La première demi-finale oppose deux joueurs qui, pour des raisons totalement différentes, écrivent les chapitres de leur carrière lors de ce tournoi. Noppon Saengkham est le tueur de géants dont la victoire sur O’Sullivan lui a déjà assuré une place dans le folklore de l’Open de Chine. Zhou Yuelong est le dernier représentant chinois en lice, portant les rêves de la nation hôte. Le vainqueur de cette rencontre disputera la finale d’un événement majeur — pour chacun, ce serait le plus grand match de leur vie.
Saengkham : Jouer sans crainte
Ce que Saengkham réalise lors de ce tournoi est remarquable — c’est une véritable histoire de conte de fées sportive qui se déroule en temps réel. Le professionnel thaïlandais est arrivé sans attentes, sans tapage, et sans pression. Il repart avec une place en demi-finale et la tête d’un des plus grands joueurs de l’histoire. Tout ce qui suit n’est que bonus, et cette liberté constitue son atout le plus puissant.
Son jeu tout au long du tournoi a été marqué par une discipline tactique exceptionnelle. Saengkham ne cherche pas à jouer un style qui ne lui correspond pas — il évolue à son propre rythme, selon son propre plan. Patience, précision lors des occasions, et une froideur impressionnante sous la plus intense pression imaginable. C’est une formule qui l’a conduit plus loin que jamais, et rien ne l’incite à renoncer maintenant.
Zhou : Le poids d’une nation
Zhou Yuelong est dans une position à la fois exaltante et angoissante. Il est le seul survivant chinois lors du tournoi le plus prestigieux de son pays. Tous les regards dans l’arène seront rivés sur lui. Chaque coup sera accueilli par des rugissements d’encouragement ou des soupirs de désespoir. La foule sera massivement, passionnément et bruyamment de son côté.
Cependant, ce soutien peut se révéler être une épée à double tranchant. Cela peut propulser un joueur vers des performances dépassant son niveau habituel, l’aidant à surmonter des moments difficiles grâce à une volonté collective. Mais cela peut également écraser — la pression, le bruit, la conscience que des millions de personnes regardent et espèrent peuvent transformer un bras de queue en plomb et un esprit clair en bouillie. La capacité de Zhou à canaliser l’énergie de la foule sans en être submergé déterminera son destin.
Facteurs clés
Plusieurs éléments pourraient influencer le résultat de cette demi-finale. D’une part, Saengkham évolue sans rien à perdre, tandis que Zhou a tout à gagner — et tout à perdre. Ce déséquilibre fondamental pourrait être décisif. D’autre part, la confiance de Saengkham, après avoir battu O’Sullivan, pourrait lui donner un avantage, car il joue avec l’argent de la maison. En revanche, Zhou, plus jeune et talentueux, pourrait dominer s’il parvient à se libérer de la pression et à jouer son jeu naturel. Enfin, l’absence d’expérience significative à ce stade des événements majeurs de classement pour les deux joueurs égalise le terrain.
Prédiction
Saengkham devrait l’emporter, environ 6-4. Le joueur thaïlandais se trouve dans cette rare zone où tout s’aligne — sa confiance est à son maximum, son plan de jeu est avéré, et l’absence de pression lui permet de jouer en toute liberté. Zhou a le talent, mais le poids des attentes du pays hôte pourrait s’avérer trop lourd. Le conte de fées de Saengkham se poursuit.
Demi-finale 2 : M. Selby vs S. Bingham | 15 août, 13h30
La seconde demi-finale oppose deux anciens champions du monde d’un calibre totalement différent. Mark Selby et Stuart Bingham — deux joueurs possédant des décennies d’expérience au plus haut niveau, deux concurrents qui savent parfaitement ce qu’il faut pour remporter des titres majeurs. C’est un match qui pourrait tout aussi bien être une finale, un affrontement de styles et de philosophies contrastés qui s’annonce captivant.
Selby : Le concurrent ultime
Mark Selby avance dans ce tournoi avec la détermination implacable d’une force de la nature. Le triple champion du monde a éliminé chaque adversaire avec une efficacité méthodique — pas de panique, pas de drame, pas de risques inutiles. Sa victoire sur Wilson en quart de finale était une déclaration de la plus haute importance : pour vaincre le champion du monde 2023, il faut jouer à un niveau de championnat. Selby a fait exactement cela.
Son style est l’antithèse du spectacle — mais c’est l’apogée de l’efficacité. Selby ne joue pas pour divertir le public ; il joue pour anéantir ses adversaires. Lentement, méthodiquement, sans pitié. Chaque cadre est une bataille tactique, chaque coup est calculé, chaque décision est délibérée. Jouer contre Selby, c’est comme combattre un boxeur qui ne se fatigue jamais et ne commet jamais d’erreurs non forcées. Tôt ou tard, tout le monde cède.
Bingham : L’homme de la renaissance
Stuart Bingham vit une seconde jeunesse lors de ce tournoi. Sa destruction de Higgins en seizièmes de finale — ces deux cadres de clôture dévastateurs de 4-4 — reste l’une des performances marquantes de l’ensemble de l’Open de Chine. Depuis cette percée, Bingham a continué à jouer à un niveau qui rappelle ses plus belles heures — le triomphe au championnat du monde 2015 qui a choqué le sport et couronné un champion à l’épanouissement tardif.
Son jeu offensif durant ce tournoi a été phénoménal. Bingham réussit tout : des longs pots, des coups de position délicats, des dernières billes décisives sous une pression extrême. Son action de queue — l’une des plus pures du circuit professionnel — fonctionne comme une horloge suisse. Lorsque Bingham joue à ce niveau, la seule chose qui peut l’arrêter est un adversaire qui joue encore mieux.
Les éléments qui pourraient influencer cette demi-finale sont variés. D’une part, c’est la confrontation classique entre attaque et défense. Bingham veut des cadres ouverts et rapides avec de gros breaks, tandis que Selby préfère des cadres lents, tactiques et étouffants. Celui qui impose son style remportera le match. De plus, la nervosité ne sera pas un facteur, car les deux joueurs possèdent une vaste expérience des matchs à élimination hautement stressants. La forme offensive de Bingham pourrait également être trop puissante même pour la défense légendaire de Selby. Enfin, l’endurance de Selby est connue pour user ses adversaires, et si le match se prolonge, son expérience dans ces situations pourrait faire la différence.
Selby devrait remporter le match, environ 6-5. Ce duel a tous les ingrédients d’une épopée qui se jouera jusqu’au bout. Bingham possède la puissance d’attaque pour maintenir Selby sous pression constante, mais au fil du match, la discipline tactique et la résilience mentale de Selby devraient faire la différence. Selby est le joueur qui se spécialise dans les victoires lorsque son adversaire joue brillamment. Il trouve toujours un moyen de gagner, même lorsqu’il est dominé — et cette qualité fait de lui le joueur le plus redoutable encore en lice dans le tournoi.
À venir : La finale — 16 août, 08:00
La finale de l’Open de Chine 2026 est prévue pour le 16 août à 08:00, se jouant au meilleur des 21 cadres. Ce format plus long ajoute une dimension totalement nouvelle — l’endurance, la concentration sur une période prolongée et la capacité à se remettre de périodes de perte deviennent des éléments cruciaux.
Scénarios possibles pour la finale
Plusieurs scénarios sont envisageables pour la finale. D’abord, Saengkham contre Selby. Le conte de fées rencontre la machine. Le finaliste le plus sensationnel affronte le plus fiable. Selby serait le grand favori, mais Saengkham a déjà prouvé qu’il ne se laissait pas impressionner par les réputations. Ensuite, Saengkham contre Bingham. Deux tueurs de géants en finale. Saengkham a écarté O’Sullivan ; Bingham a éliminé Higgins et potentiellement Selby. Ce serait une finale totalement imprévisible, opposant le jeu offensif brillant de Bingham à la tactique posée de Saengkham. Un autre scénario serait Zhou contre Selby. La jeunesse chinoise face à l’expérience anglaise. Le soutien du public local rendrait cette atmosphère inoubliable, mais Selby en finale reste toujours une proposition terrifiante pour tout adversaire. Enfin, Zhou contre Bingham. Deux joueurs offensifs dans une finale ouverte. Le soutien de Zhou à domicile contre la forme éclatante de Bingham. Cela pourrait s’avérer la finale la plus divertissante des quatre possibles.
Notre prédiction finale
Nous anticipons une finale entre Saengkham et Selby, avec Selby comme champion probable. Cependant, ce tournoi a déjà ridiculisé tant de pronostics qu’un résultat inattendu ne nous surprendrait pas. L’Open de Chine 2026 a été un tournoi mémorable — et le meilleur est à venir.