
Depuis plusieurs mois, Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football (FFF), et Jean-François Villotte, directeur général, travaillent ardemment pour que le projet de loi voté le 10 juin dernier au Sénat, qui prévoit une transformation significative de la Ligue en société de clubs et un renforcement des pouvoirs de la Fédération, ne reste pas lettre morte.
L’annonce de l’examen de ce texte à l’Assemblée nationale, prévu le 18 mai prochain après une attente de presque un an, réjouit les deux dirigeants. « Ce texte comporte des mesures cruciales pour notre football, notamment sur le piratage, qui nuit gravement à la valorisation de nos droits, sur le football féminin et sur la gouvernance du secteur professionnel », a déclaré Diallo. Il a ajouté : « Il y a près d’un an, nous avons lancé une réflexion avec la Ligue et les clubs professionnels concernant l’avenir de la gouvernance. Nous avons désormais un calendrier. Le 18 mai ne sera pas la date limite, car une commission mixte paritaire (Sénat-Assemblée) pourrait suivre. Cependant, d’ici juin, nous devrions parvenir à la promulgation de cette proposition de loi (PPL). C’est une étape qui facilitera la modernisation de notre football professionnel ».
Avant cela, des négociations entre les différents acteurs du football sont nécessaires pour se présenter unis lors de l’examen du texte par l’Assemblée. Ces discussions s’annoncent délicates, car les clubs et la Ligue de Football Professionnel (LFP) ne sont pas alignés avec la FFF concernant leur rôle respectif. « Notre objectif est d’atteindre une unité pour pouvoir présenter des positions communes », a poursuivi Diallo. « Le vote est prévu dans un mois, nous devons donc agir rapidement ». Après l’adoption du texte, une période de trois à six mois sera nécessaire pour régler les modalités pratiques, ce qui signifie que la réforme ne sera pas effective pour la saison prochaine.
Toutefois, Diallo se montre optimiste.
« Je suis heureux. C’est une réforme nécessaire et urgente »
. Cette réforme devrait logiquement mener à la disparition de la LFP telle qu’elle existe actuellement, pour être remplacée par une société commerciale associant les clubs et le fonds CVC en tant qu’actionnaires. Bien que cela puisse sembler surprenant au premier abord, ce modèle est soutenu par Vincent Labrune. Si ce projet se concrétise, le président de la Ligue pourrait envisager de passer la main sans donner l’impression d’abandonner un navire en difficulté.